Lionceau perdu dans la jungle

Tout et Rien. Et plus si affinités !

16 mars 2005

Resquiescant in pace !

Finalement, le pot de départ tant promis a eu lieu... J'ai pu enterrer, ce mardi, ma vie de bureau ! Rien à voir avec un enterrement de vie de garçon, mais ça valait quand même la peine de le faire...

Pour l'occasion, j'ai laissé tomber l'idée du strip-tease (courageux, mais pas téméraire, Lionceau !) et j'ai plutôt opté pour la version costume-cravatte-sans-cravatte. Juste pour la petite histoire, et maintenant je peux le dire (enfin, je sais pas ce qui m'empêchait de le dire avant...), je bossais dans un cabinet d'avocats. Genre plutôt coincé, côté mode... Aussi, j'avais depuis longtemps adopté la version costume-cravatte-sans-cravatte LIGHT, à savoir sans la veste non plus, mais j'avais quand même gardé le pantalon !!! Tout ça parce qu'un informaticien qui devait partager mon travail, il y a quelques années n'avait pas été embauché parce qu'il ne portait que des jeans... Un peu léger, l'argument ! Mais c'en est un qui marque. Et je restai d'autant plus éberlué, cet après-midi, que je vis passer mon successeur, tenez-vous bien... en JEANS !!! Bref. Sans commentaire !

Donc, ce jourd'hui, me voilà devant la porte du cabinet (naaannn, pas celui où on fait pipi... celui des avocats !) un peu avant l'heure. Une fois n'est pas coutume : ce sera au moins arrivé une fois, dans toute ma carrière chez eux ! Et là, je me retrouve un peu coincé... Je connais le code par cœur, c'est indéniable. Je pourrais même le composer sur le digicode les yeux fermés. Mais je n'y arrive pas : ce n'est plus chez moi... Alors je sonne, comme un con. Rire de la réceptionniste.

Quelques bonjour-comment-ça-va échangés rapidement. Et puis le geste de vérification tant de fois pratiqué : un coup d'œil sur le standard pour voir si le patron est en ligne ou pas. Non. Alors je me tourne vers son bureau... et j'hésite encore ! Retour vers la réceptionniste : vaut peut-être mieux qu'elle annonce ma visite, non ? Elle a presque l'air de se foutre de moi, la bougresse ! Enfin bon, j'y vais comme si de rien n'était, j'avance, je tousse un coup pour annoncer ma présence (non, on ne frappe pas aux portes, dans ce bureau, seulement sur les gens, le cas échéant...) et j'entre.

Accueil sympathique, rien à redire. La discussion s'ouvre sur des banalités. Puis il me sort des papiers que je vérifie, appelle le comptable pour le reste des papiers et pour les chèques (qui a dit "la seule raison de ma visite" ??? même pas vrai, j'étais venu aussi pour le cadeau de départ !!! Héhéhé !!). Et nous voilà partis à discuter de théâtre -- de ma future carrière -- l'air de rien, entre gens civilisés. Et comme le comptable tarde à montrer son nez, rappel à l'ordre du patron.

Et là, surprise ! La conversation bascule soudainement sur le ralentissement économique du pays !!!! Ah bon ??? Elle ralentit , l'économie ??? Comment voulez-vous que je sache, moi, personne ne me dit jamais rien !!!

Je vous avouerais que ça doit bien faire trois ou quatre ans que je n'ai pas suivi l'actualité, qu'elle soit économique ou pas. Mon ex-Globe-Trotter m'en a tellement fait bouffer par la télé, par la radio ou par les journaux -- d'accord, ça faisait partie de son job, mais bon... -- que j'en ai vite fait une overdose ! Donc, dans le cas qui nous préoccupe, j'étais quand même très partagé entre la crise de fou rire ou garder mon sérieux et faire semblant de savoir de quoi on parle genre j'ai-un-doctorat-en-économie !!! J'ai donc évacué la crise de fou rire (vous vous souvenez ? j'avais pas encore les chèques !!!) et j'ai fait semblant. Dur dur, mais je suis comédien, oui ou merde ?

Bref, finalement, le comptable daigne se montrer, ce saligaud ! Encore une pile de papiers et quelques autographes supplémentaires -- qu'ils les gardent précieusement, ils vaudront bientôt cher !!! Et puis LA remise des chèques : x.000 euros pour mes congés-payés-pas-encore-payés, et xx.000 euros comme dédommagement prévu par contrat. Le sourire commence à revenir petit à petit, allez savoir pourquoi !!!

Et le signal est lancé par le patron : bon, j'ai soif ! En passant devant la réceptionniste, il lui demande de réveiller tout le monde : ben pas étonnant que les affaires aillent si mal, si tout le monde prolonge la sieste jusqu'à 16h30, ça doit pas aider à la reprise économique !!!

Donc, rassemblement général dans la salle de réceptions -- pardon, la salle de conférence : un bel aquarium en verre, sur une hauteur de deux étages, dont j'avais prévu d'ouvrir la partie supérieure et de remplir la partie inférieure d'eau. Je me demande bien pourquoi le projet n'a jamais été accepté, c'eut été une belle piscine, pourtant... Enfin bon... Tout le monde est présent, donc. Ou presque. Un patron sur six se trouve sur le pont, un second est arrivé au milieu de notre petite sauterie, un troisième s'est fait excuser officiellement par l'intermédiaire de sa secrétaire (excuse acceptée : il y aura plus de champagne pour les autres !), un quatrième était en rendez-vous. Les deux autres n'ont pas daigné se souvenir de l'événement. Grand bien leur fasse, ils ne m'ont pas manqué !

Et finalement, le cadeau, le cadeau, le cadeau !!! Là, j'avoue, je l'avais joué fine : plutôt que de me retrouver avec des trucs dont je n'aurais eu que faire -- sinon les jeter dans la première poubelle venue -- j'avais soudoyé mon ancienne voisine de bureau (c'est une fille facile, ça ne m'a rien coûté !!! n'est-ce pas, M. ?) pour qu'elle récupère l'enveloppe et qu'on se retrouve le jour J pendant sa pause déjeuner pour aller acheter un truc ensemble ! Et du coup, je me retrouve avec un nouvel objectif pour mon jouet photographique (un 55-200, pour ceux que ça intéresse). Ça a l'air un peu con comme cadeau, mais au moins ça m'a fait super plaisir qu'ils me l'offrent !

Sinon, une ribambelle de question, bien évidemment. Surtout de la part de ceux qui n'avaient pas été prévenus de mon départ... Ce qui est drôle c'est qu'une rumeur avait été lancée bien involontairement ! L'un des avocats, super doué en dessin, a eu la bonne idée de faire un portrait de moi assis face à mon instrument de musique préféré, l'orgue (vous savez, celui avec des gros tuyaux partout qu'on ne peut pas mettre chez soi parce que les voisins du dessus sont coincés et qu'ils ne veulent pas que lesdits tuyaux arrivent dans leur salon !!). Le fait est que c'était un sujet de conversation régulier entre nous, d'où le dessin. Par conséquent, tout le monde a cru que je quittais le bureau pour devenir musicien ou chanteur !!! Bref, réactions unanimes :

Eux – Ah bon ? Tu vas devenir comédien ?
Moi-je-dis – Ben voui...

Eux – Mais tu fais des cours de théâtre ?
Moi-je-pense – Ben non, je prends des cours de tricot !
Moi-je-dis – Ben voui... [c'est fou ce qu'on peut manquer d'inspiration, parfois !!!]

Eux – Et on te voit quand sur les planches ?
Moi-je-pense – Quand vous aurez payé vos places !
Moi-je-dis – Euh... Ch'ais pô...

Eux – Tu nous enverras des invitations, hein ?
Moi-je-pense – Ben non, vous paierez comme tout le monde, z'êtes bouchés ?
Moi-je-dis – Pas de problème, je vous tiendrai au courant...

Et puis voilà ! Finalement, j'ai filé en douce : vous comprenez, je suis quelqu'un de très occupé, je dois me rendre à mes répétitions, etc. etc. etc. Mais on se revoit à Cannes, d'accord ?

Posté par Lionceau à 05:21 - Ma vie de bureau - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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